Voilà!!! J'ai fait mon petit aller-retour à Berlin!!! XD
J'ai assisté à une série de conférences sur 6 jours dans la capitale allemande, autour de deux thèmes distincts (ou presque distincts): le premier étant Un Monde Sans Mur, et le second Diplomatie
Cuturelle entre Union Européenne et Etats-Unis. De très nombreux intervenants nous ont fait l'honneur de donner leurs vues sur l'un ou l'autre de ces sujets, et parfois les deux. Des anciens chefs
d'états ou de gouvernements, des ambassadeurs de diverses extractions (i.e. en office dans un autre pays, aux Nations Unies, à l'OTAN...), des penseurs et écrivains spécialistes des relations
internationales, telles ont été les natures de ces personnalités.
Et même s'il est vrai que l'habit ne fait pas le moine, pas plus que le titre n'élève la capacité oratoire de son déclameur (quelques discours ont été plus lus que récités, et donc fort difficiles
à écouter de par la monotonie du ton qui les accompagnait nécessairement), nous avons eu pour une bonne part droit à des speechs de grande envergure. Si vous avez le temps, je vous
enjoints à jeter un rapide coup d'oeil à la page d'accueil de l'institut hôte de l'événement (ICD: Institute for Cultural Diplomacy) en cliquant sur
ce lien. Vous pouvez d'ailleurs y voir un certain nombre de présentations qui ont été données durant la semaine (je vous conseil vivement de
visioner celui du haut à droite, crise de rire garantie!!!).
Alors maintenant la question fatidique: que diable ressort-il de là? C'est bien beau de dépenser 400 euros la semaine (tout compris hein! N'abusons pas non plus!), encore faut-il que ça serve!
Tout commence, en réalité, avec la définition de diplomatie cuturelle. Pour ceux qui ne s'y connaissent pas trop en relations internationales, sachez qu'il existe un certain nombre de théories qui
ont pour but d'expliquer le monde à leur manière. Comme je crois l'avoir déjà signifié dans mon précédent article, les réalistes par exemple se penchent plutôt sur les questions militaires et les
problèmes de relations entre puissances, considérant que les états sont les principaux acteurs sur la scène internationale et que ceux-ci ont pour souci premier de se préserver eux-mêmes (survie).
A l'inverse, la diplomatie culturelle fait appelle à une théorie tout opposée: le constructivisme. Cette théorie considère que ce qui compte le plus dans les relations entre individus (échelle
micro) et entre grands ensembles de relations internationales (échelle macro - notez que l'on ne parle plus d'états) sont les idées, et ces idées sont construites socialement et politiquement. Pour
un constructiviste, les idées façonnent le monde tel qu'il est, et si nous en sommes là où nous en sommes, c'est parce que nous ou ceux qui nous ont précédé l'ont bien voulu. Deux conclusions sont
à tirer de ce constat: la première est que la nature humaine doit être bien médiocre, parce que le résultat n'est pas bien briant! La seconde en revanche, c'est que nous avons la capacité de
changer les choses si nous le voulons suffisamment fort (les réalistes enlèvent cette possibilité aux acteurs, en clamant que c'est la structure du système et des considération inaliénables de
survie qui chappent le monde, non pas des choix qui pourraient compromettre la sécurité de l'état, i.e. irrationnels d'un point de vue réaliste). Cette théorie a vu le jour au crépuscule de la
Guerre Froide: les réalistes et autres libéraux ont été complètement dépassés par le chute de l'Union Soviétique (le comportement de Gorbatchev est allé à l'encontre de ces deux théories, et
de ce fait a engendré une vague de réfutation du mouvement "positiviste" qu'elles incarnent).
Dans une perspective constructiviste donc, il est possible d'améliorer ou à tout le moins de changer le monde dans lequel nous vivons à notre image, par la mise en applications des idées qui
dominent . La diplomatie culturelle agit dans ce contexte pour la promotion d'échanges d'idées et de vues sur le monde. Il ne s'agit plus de supposer les intentions ou les conceptions d'autres
nations, mais de les vivre. Accentuer les échanges culturels, étudiants, politiques, économique, etc. entre pays et régions; en somme faire de notre monde un Monde Sans Mur! (la boucle est bouclée,
je pourrais être scénariste de films américains! (vous avez remarqué vous aussi cette stupide et agaçante manie qu'ont les américains de retourner sur la même phrase encore et encore; exemple: A
vient dérober un diamant à B - A et B sont tous deux des voleurs -, et s'accroche in extremis à l'arrière d'un train pour s'enfuire, puis déclame avec ironie quelque chose comme "je te
l'emprunte... bien que je ne sois pas certain de te le rendre", et vers la fin du film B va reprendre le même diamant à A en lui sortant sa propre phrase! J'ai horreur de
ça!!!!!!!!!!!!!!!!!!)).
Bien entendu, le fait que cette conférence ait été donné à l'occasion de la cébration des 20 ans de la chute du mur de Berlin n'est pas un hasard! ^^
La chute du mur, comme on nous l'a répété à maintes et maintes reprises durant cette semaine, est l'archétype de l'aboutissement d'un processus d'actions constructivistes mené à son terme avec
succès: une majorité d'acteurs issus de la société civil à son origine, une aide nécessaire des pouvoirs publiques et gouvernements à l'intérieur de la zone concernée (ici les pays d'Europe de
l'Est sous le joug communiste), un brin de chance, de l'audace, de la persévérance, et du temps! Ca en demande des ressources, pas vrai? Ouais, creuvant! Mieux vaut être égoïste et défenseur du
status quo! Beaucoup plus facile! XD
Bref, la chute du mur de Berlin, tout impressionnant et spectaculaire que cet événement ait pu être, n'était en réalité que l'achèvement d'un long processus de mutations internes au bloc soviétique
sur fond de rivalité Est-Ouest, passant par des étapes marquantes comme par exemple la dégradation du système de visas (ceux des habitants de l'Union Soviétique ne permettant à ces derniers que de
voyager au sein de l'Union, et pas au-delà).
Entre les speechs décrivant les différents aspects de la diplomatie culturelle, ceux relatant la vision de différents pays sur la chute du communisme, et ceux évoquant les possibilités de
développements futurs de la filière, j'ai eu droit à un solide premier regard sur le sujet. Mais je reste persuadé que l'essentiel tenait plutôt à notre propre groupe d'étudiants: environ 200
étudiants plus ou moins versés dans les relations internationales, répartis en groupes de 40, et tous nantis d'un CV international dont la liste de pays visités ferait pâlir une hôtesse de l'air!
Je me suis sentis tout petit, mais l'expérience valait très certainement le détour (et pas seulement parce que j'ai été invité à séjourner en Syrie, Italie, Luxembourg, Turquie, West Virginia, New
York, etc.). Tant de personnes qui ont vécu dans un nombre de pays incalculable, dont les connaissances dépassent l'entendement sur des sujets que l'on croyait connaître, et dont les questions
posées lors de conférences comportent plus d'assertions que d'interrogations, ça enrichit incroyablement et ça pousse à se dépasser soi-même. C'est finalement sans doute ça l'esprit
de la diplomatie culturelle! ^^
On a également eu droit, entre autre à un speech (lu) de... ~roulement de tambour~ SEGO!!!!!!!!!!!!!
La miss Poitou-Charente avait fait tout spécialement le déplacement jusqu'à Berlin (oooooh, fallait pas!) pour nous déblatérer un nombre impressionant de lieux communs sur le 9 novembre 1989
(du style: je sais ce qui c'est passé! Le mur est tombé! Et... c'est plutôt bien, non!?). Elle a fait un effort: elle a lu en anglais... sans doute en phonétique (ze pipeul of Djeurmanie choulde bi
praoude of ouate hhave bine akomplicht)... avec les pages à trente centimètres de sa tête (j'ai fait un pari avec mes voisins sur le nombre de pages restantes avant la fin ô combien attendue
du discours)... Vous connaissez l'expression "j'aurais mieux fait de rester chez moi"? Ouais? Ben elle aussi maintenant! XD
A ma gauche, en retrait par rapport à l'estrade, se trouvait le petit jeune diplômé de Science Po qui lui avait rédigé sa feuille de choux, lisant à voix basse la copie qu'il avait dans les mains
au même rythme que sa patronne (seules les lèvres bougeait, on aurait dit un possédé! Très marrant à voir! ^^), et figurez-vous qu'à chaque moment "crucial" du discours, il rangeait
prestement son potre-document sous le bras et applaudissait bruyamment pour enjoindre l'assistance à faire l'imiter! Et ça marchait! (on allait pas le laisser tout seul: les caméras étaient
là...) Remarque, c'est probablement lui qui a empêché la moitié de l'assistance de sombrer dans un profond sommeil (l'anglais de Ségo a beau être risible, c'était un peu long pour quelque
chose qui ne veut rien dire et qui fait plus reculer le Schmilblick que le faire avancer) y compris l'ambassadeur de Hongrie au Etats-Unis, un homme de 50 balais d'ordinaire vif et enthousiaste, le
premier à prendre sa guitare pour nous jouer un morceau de rock 'n roll!
Si vous avez du temps à perdre et/ou une grosse envie de rire, sachez que le discours dont je parle est disponible au lien inséré en début d'article (tiens, je suis gentil, je vous le remets,
hop).
Le congrès s'est conclu par la célébration de la chute du mur de Berlin! Certains d'entre vous l'ont peut-être vu à la télévision? Je dois dire en tout cas que j'ai été extrêment déçu du rendu!
Cela aurait dû être la fête de la réconciliation dans le monde entier, que dis-je, l'apologie de la fraternité mondiale! Le résultat est un rendez-vous manqué avec l'Histoire...
Organisation bancale, démonstration exempte de toute chaleur, symbole de la chute boîteux (le coup de la chute des dominos en trois fois au lieu d'une seule, c'est le pire qu'ils auraient pu
faire), aucune activité annexe (des dominos, un ou deux speechs de trois minutes pièce, un pétard mouillé, un supo et au lit), feu d'artifice minable (ils mettent plus de moyens à Chaumont pour le
14 juillet j'en suis sûr)... Bref, pas grand monde sur place n'a compris si l'on était venu fêter 20 ans d'une victoire de la liberté sur l'oppression, ou si on avait fait le déplacement parce
qu'il n'y avait rien de mieux à la télé ce soir-là, quitte à rester sous la pluie. La preuve: à la fin du pseudo feu d'artifice, et après que les gens aient eu le temps de comprendre que oui
c'était déjà terminé, le publique s'est conduit comme une bande de consommateurs: pas d'accolade ni de bousculade, ni même de plansanteries à la forte odeur d'alcool; tout le monde est rentré
sagement chez soi ou dans un lieu où ils pourraient achever la soirée de manière plus intéressante dans un relatif silence, les berlinois comme les touristes. Et honnêtement, il ne sont pas à
blâmer, car c'est bien là l'esprit de ce qu'on nous a vendu ce jour-là: un show artificiel d'une longueur équivalente à un prime time (manquerait plus que ça ai commencé à 20h50!) sans la moindre
émotion.
Surtout après m'être fait bourré le crâne pendant une semaine à coups de diplomatie culturelle et autre "soft power", je trouve choquant que l'Europe ne prenne pas plus au sérieux les symboles. Le
9 novembre dernier était l'occasion de la décénie de briller, de faire passer tous les messages d'un coup: plus d'obstacle à l'adoption du traité de Lisbonne sensé souder définitivement l'Union
Européenne, une position unifiée autour des projets de réforme environementaux devant être débattus au sommet de Copenhague en décembre, un appaisement de la situation au Moyen-Orient, des
discussions ouvertes et libres de préjugés avec la Chine, une réforme démocratrique des institutions de l'ONU... les sujets à mettre en valeur au nom de la réconciliation des peuples était
sans limite. Au lieu de ça, pas un n'a été abordé. De quoi ont parlé Angela Merkel et Sarko? De la liberté et du courage des hommes et femmes qui ont rendu la destruction du mur possible, relégant
de facto ces valeurs au passé. AAAARRRRRGH!!!!!!!!!!!!!! (ça se voit que je suis remonté?)
La rupture, tu parles Charles! è_é
Bon, à part ça j'ai malgré tout pu disposer d'une demi-journée pour visiter la ville de Berlin! Ce qui m'a le plus étonné, c'est qu'on distingue très nettement Berlin Est de Berlin Ouest. Vous
voyez la Seine, qui traverse Paris de part en part? Bah ça n'a aucun rapport! XD
Par contre, si vous visualisez à peu près comment cette rivière tranche Paris en deux (une sorte de sourire à l'envers), vous saurez à quoi ressemblait globalement mon parcours à travers Berlin sur
une carte (d'Ouest en Est).
Tour sélectif!
Aprés avoir déposé mes affaires à l'auberge de jeunesse (portait bien son nom celle-là: 5 étages, une trentaine de chambres par étage, 8 lits par chambre, et un gamin tapageur plus ou moins puber
par lit! J'ai bien vite fait calmé les miens avec de gros yeux méchants! Niark!!! (la production tient à signaler qu'aucun morveux n'a été blessé durant le séjour)), et creuvé pour n'avoir pas
dormi deux nuits d'affilé (le trajet Amsterdam-Berlin s'est fait dans un train de nuit, et dans un vagon de 6 passagers: plus économique mais personne ne dors même si tout le monde essaie naïvement
tôt ou tard), j'ai attrappé une carte touristique dans l'atrium et ai résolument évité de piquer un roupillon en plein milieu de l'après-midi en marchant à travers la capitale.
- Babouche! A qui fait-on appel lorsqu'on ne sait pas où aller?
- A la carte bien sûr!
- Toi aussi tu veux nous aider à trouver le chemin? Alors aide-nous à appeler la carte! Allez! Dis: carte! CARTE!!!
- ... Ben kesstu nous a foutu Babouche!? T'as tout fait foirer! On comprend rien!
- Désolé Dora, je vais faire plus attention cette fois-ci!
Hmm, c'est drôle: en fait j'ai à peu près suivi le tracé du mur de Berlin, hahaha! Vous voyez le Zoolischer Garten à gauche? Mon auberge de jeunesse était là (bon rapport qualité/prix tant qu'on en
parle). J'ai grosso modo suivi une courbe jusqu'à l'Est en passant par un monument à la liberté en plein milieu d'un rond-point, la nécropole juive (un grand monument de commémoration près du
centre) la porte de Brandebourg (alors en préparation pour la célébration, mais vous pouvez voir une jolie photo made in Google Images tout en haut de l'article), un musée d'art contemporain, le
Reichstag (Parlement allemand), l'ambassade des Etats-Unis, Friedrichstrasse, la célébre université Wilheim von Humbodlt, Marian Kirsche, la tour TV, un drôle de monument bigrement impressionnant
célébrant le communisme triomphant à Berlin Est (écrit tout en russe partout), les deux colosses dans le fleuve, puis un pont soi-disant célèbre.
Voici dans l'ordre ce qu'il faudra que tu dises à Dora:
Monument
Nécropole
Musée
Reistag
Université
Marian Kirsche
Tour TV
Monument communiste
Géants-dans-le-fleuve
Pont-qui-a-l'air-célèbre!!! (vous avez remarqué vous aussi à quel point la carte semble être enthousiaste lorsqu'on atteint le dernier élément de la liste!?)
- Hmm, la carte est un peu vache aujourd'hui! Comment veut-elle que je me rappelle tout ça?
Note: ces photos et toutes celles qui n'apparaîssent pas dans l'article (un certain nombre!) ont été placées dans l'album "Berlin" sur votre droite. Certaines d´entre elles ont d'ailleurs, une fois
n'est pas coutume, reçu un commentaire de ma main pour faciliter la compréhension. Bon visionage!
PS: désolé pour cet article si sérieux! Je tâcherai d'être plus drôle à l'avenir! ^^